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À chaque année d'impressionnants spectacles se déroulent sur les plages de moins d'une douzaine d'endroits dans le monde, en outre au Costa Rica. Après avoir parcouru des centaines et même parfois des milliers de kilomètres en pleine eau, les tortues Olivâtre de Ridley prennent d'assaut certaines plages pour y pondre. Elles arrivent quelquesfois par milliers, à l'intérieur d'une très courte période, comme si elles étaient synchronisées les unes avec les autres. Ce phénomène de rassemblement massif pour la ponte, nommé arribada, se produit à quelques reprises chaque année. Guidée par un sens de l'odorat hyper fin, les femelles reviennent pondre sur la plage où elles ont vues le jour. La nature nous impressionnera toujours!
Sur la plage du Refugio Nacional de Vida Silvestre au Costa Rica, j'ai pu observer un tel épisode de ponte des tortues Olivâtre de Ridley. Cette espèce, solitaire en temps normal, est constituée des plus petites des tortues marines. Néanmoins, son poids moyen est tout de même de 45 kilos pour une longueur de 70 cm. Elle se nourrit d'invertébrés tels que des méduses et des crustacés. Certains jours elle est plutôt végétarienne et s'en prend alors aux algues et aux plantes aquatiques. On la retrouve dans presque toutes les zones tropicales et subtropicales excepté dans le golf du Mexique. Vu le dernier événement de marée noire dans cette région, c'est certainement une bonne chose pour la santé de l'espèce! D'autre part, les migrations post-accouplement et post-ponte semblent assez complexes, variables et sans corridors de migration bien définis (Plotkin 1994). On l'observe parfois jusqu'à 1200 miles nautiques des côtes est du Pacifique.

Bien que les arribadas rassemblent un grand nombre d'individus, cette espèce est considérée en danger à plusieurs endroits de la planète, particulièrement sur la côte Atlantique des États-Unis. Déjà, plusieurs gouvernements ont protégé ces tortues contre la chasse et le prélèvement de ses œufs. Malgré cela, selon IUCN, sa population est décroissante.
Au Costa Rica, comme ailleurs, la croyance veut que les œufs de tortues aient des vertus aphrodisiaques. C'est la cause d'importants problèmes de braconnage. C'est pour protéger les œufs et assurer la pérennité de l'espèce que les programmes de protection ont été mis en place et que des zones protégées ont été érigées. Refugio Nacional de Vida Silvestre est un de ces parcs qui offrent, dans un contexte encadré et contrôlé, la possibilité d'observer ces tortues. Le programme du parc vise à minimiser les risques que les œufs soient la proie d'animaux ou de braconniers. Ainsi, suite à la ponte, chacun des sites de ponte ou des nids sont visités par un responsable qui prélève les œufs et les relocalise dans un abri grillagé. Lors de l'éclosion les tortues juvéniles sont relâchées hors de la zone protégée pour qu'elles prennent la route de la mer. Les scientifiques espèrent que de tels programmes assurent la pérennité des espèces de tortues marines.
 Un effort considérable pour le reptile La ponte dure environ 60 minutes. Un effort relativement bref mais non moins intense. La tortue gravit la plage et se rend le plus près possible de la zone où débute la végétation débute. À ce point, elle a déjà fourni un effort considérable. Les tortues sont puissantes et fortes mais leurs nageoires sont optimisées pour la nage et non pour une progression sur le sable. Arrivée au site de ponte, elle creuse un trou avec ses nageoires postérieures. Cela dure environ 20 minutes. C'est de loin l'effort le plus important de l'épisode de ponte. Elle dépose environ 100 à 110 œufs, à l'apparence de balles de ping-pong, dans le trou (Pritchard et Plotkin 1995) et le recouvre de manière à camoufler le trou et rendre imperceptible le fait que l'endroit ait été creusé. Elle retourne ensuite à la mer.
Durant les 45 jours d'incubation, c'est la température du sable qui déterminera le sexe de ces petites tortues de quelques centimètres qui briseront la coquille des œufs ayant échappés aux prédateurs. À cet égard la Lepidochelys olivacea ne se distingue pas des autres tortues car la détermination du sexe de la plupart des autres espèces en est ainsi.
Malgré, les programmes de protection et les zones protégées, il n'en demeure pas moins que l'industrie touristique crée une pression importante qui influence la protection réelle des tortues. Beaucoup de touristes sont disposés à payer des montants non-négligeables pour voir les tortues. J'ai pu observer des hordes de touristes en délire qui s'abattaient bruyamment et sans aucune retenue autour de ces pauvres tortues en train de pondre. Tout cela avec l'assentiment du guide naturaliste œuvrant évidemment pour le compte d'une compagnie de services touristiques qui facture jusqu'à 70$ américains pour une séance d'observation de 45 minutes. C'est évidemment un marché bien lucratif. Par contre, je dois avouer que mon constat, plutôt frustrant, m'a laissé désemparé. Il est à noter que ma visite était facilitée par les responsables du parc, ceci afin de me permettre de couvrir le sujet. Alors quand la horde de touristes s'est abattu sur la plage et s'est ruée sur nous à nous en bousculer simplement pour voir la tortue que nous observions, je dois dire que le dégout s'est emparé de moi. Ces touristes fortunés n'accordaient aucune attention à la tranquilité de la tortue. Il y a tout de même des limites…
Les risques les plus importants auxquels sont exposés cette espèces sont :
- La capture accidentelle due aux activités de pêche commerciale;
- La pollution de l'eau et des berges. Les pellicules de plastiques en suspension dans l'eau sont souvent évoquées comme étant une cause importante d'intoxication des tortues;
- La prédation humaine, plus particulièrement le prélèvement des œufs;
- La prédation animale, particulièrement des tortues juvéniles lors de l'éclosion.
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